Il est 18h50 lorsque la rame de la ligne 13 s'arrête à la gare Montparnasse. Je m'extrais difficilement et je me dirige vers la sortie.
Dans le métro je me suis rappelé que je m'étais levé à 6h ce matin et que ça pouvait expliquer mon état de fatigue passager (il me semble que c'est l'état qui est passager et non la fatigue mais
le doute m'envahi). Heureusement, en face de moi se trouvait une jolie fille brune coincée entre un homme élégant tout fraîchement sortit du bureau (donc comme moi mais en plus vieux) et une
petite dame d'un certain âge qui s'appuie tant bien que mal contre un strapontin pour ne pas tomber. Entre elle (la petite brune, pas l'octogénaire) et moi il y a dix personnes qui se sont
entassées. On joue gaiement tout ensemble à tétris avec nos corps dans un espace réduit de deux mètres par deux mètres. Sympa.
Lorsque la jolie brune m'a souri.
Alors pour ceux qui sont en train de se dire que je me ramolli du bulbe sur cette fin de soirée et que je me lâche sur l'eau de rose, je tiens à préciser ceci : je ne suis pas complètement sûr
que l'on ne lui est pas marcher sur le pied... Je doute.
Quoiqu'il en soit, je garde pour moi son sourire (c'est gratuit et sur le coup ça m'a fait plaisir (et avant que quelqu'un demande : je n'ai pas la moindre intention de partager)) et comme je
n'avais pas du tout envie de dévisser mes écouteurs de mes oreilles et de bousculer la vingtaine de personne qui nous séparait (il y a eu deux arrêts depuis la dizaine précédente et des gens sont
montées, ceci vous conviendra comme explication ?), nous nous en tenons là de nos relations (de toutes façons on s'en fout puisque l'on venait de lui marcher sur le pied, j'allais pas lui faire
un massage quand même !).
Mon côté modeste m'oblige à vous préciser que ça m'arrive tout le temps, d'où le côté blasé.
Je disais donc, avant de vous raconter des événements qui ne sont pas produits (mais j'avais envie de fabuler un peu), que je venais de m'extirper de la ligne 13. Il me restait à ce moment 10
minutes pour rejoindre les quais des trains régionaux pour monter dans celui qui m'emmènerait chez moi.
C'est donc l'esprit tranquille (Emile) que j'arrivais aux portillons et que je présentais mon titre de transport afin qu'ils s'ouvrassent (vous ne sentez pas un peu le calme avant la tempête
?).
Quelle ne fut ma surprise... de voir autant de monde m'attendre derrière ces mêmes portillons... Poli, je salue la foule se pressens devant moi. Les rustres n'en ayant cure, leur regards étant
fixé sur le panneau d'affichage des prochains, je commence à me douter que mon retour parmi les miens va être compliqué (et pas qu'un peu).
Je découvre (décidément, que de surprises ce soir) que je n'ai pas de train avant trois quarts d'heure... Minou... N'ayant pas pour habitude de critiquer en permanance les cheminots français, je
me décide enfin à me défaire de mes écouteurs pour m'informer de la raison de ce retard (sans rire, à ce moment j'étais persuadé que c'était un problème technique ou un accident de personne).
Une voix, charmante (tu métonnes ! vu ce qu'elle annonce elle a intérêt à être charmante) nous informe, mes compagnons d'infortune et moi-même (ce qui doit bien faire entre 500 et 1000 personnes
mine de rien), qu'en raison d'un mouvement social, les trains subissent des retards... Minou...
Stoïque (parce que ça ne sert à rien de s'énerver (hein ? ça soulage ? ouais... effectivement)), je me dirige vers un troquet attenant à la gare pour faire passer le temps. Mais sur le chemin,
comme je suis curieux, je me promets de me renseigner pour connaître les raisons de ce "mouvement social".
Me voici donc renseigné et c'est pas si facile que ça. D'ailleurs j'ouvre une parenthèse tellement longue que ce sera ce paragraphe. La régularité des "mouvements sociaux" fait que les médias
informent le grand public (dont je fais partie malgré ma taille moyenne) de la régularité des trains et pas tellement des revendications de nos amis cheminots. En gros, tout le monde s'en fout de
savoir pourquoi ils font grève (mince, mince, mince... je reprends : pourquoi il y a un "mouvement social"), tout ce que l'on veut savoir c'est combien de temps on va mettre à rentrer chez nous.
Je rappelle que la grève est l'ultime étape pour les salariés pour se faire entendre avant de passer aux émeutes. Messieurs les cheminots grèvistes : il semblerait que l'on se contrefoute de vos
revendications mais vous nous ennuyer profondément. Je referme la parenthèse.
Alors pour ceux qui comme moi, font l'effort de s'intéresser à leurs problèmes, je vous livre la raison de la grève de ce jour : ils en ont marre de devoir prendre le taxi pour rejoindre leurs
hébergements lorsqu'ils découchent... Minou...
Ce n'est pas une blague, je tire ça du site de la
Voix du
Nord (c'est le premier site sur lequel j'ai trouvé la réponse)
Mon rêve reste quand même de voir affiché dans une gare "En raison d'un mouvement social, parce que nos agents ne veulent pas prendre le taxi pour aller dans leur centre d'hébergement quand ils
sont en déplecement, le traffic est perturbé". Mais là je rêve.
Sur ce, je vous laisse.
A bientôt
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